lundi 6 décembre 2010

Aux chiottes, la nature.


En Suisse, le papier toilettes est poli. Il remercie dans la langue de Heidegger.

Mais qui ou quoi, remercie-t-il ainsi ?

Nous, de l'utiliser.

Mais pourquoi ?

A l'heure des toilettes sèches, comment un papier hygiénique archaïque, témoin d'une ère de luxe productiviste et de gaspillage écologiquement tragique, peut-il encore nous remercier de son usage ?

Plus vraisemblablement, il apparaît que c'est la Nature elle-même, dans sa totalité arraisonnée (comme dirait l'autre sus-cité) qui nous remercie, humains, d'utiliser un papier éco-responsable car sans doute recyclé (c'est une hypothèse que je n'ai pas pu vérifier). Le petit arbre naïf, à côté du DANKE, nous le laisse supputer. C'est ainsi que l'on se sent tout à coup beaucoup mieux. Dans cette ventriloquie de la Nature par un papier hygiénique, l'objet devient porte-parole. Ce n'est pas qu'une affaire de banal anthropomorphisme. C'est la preuve que le monde des objets, le vorhanden du gegenstand, n'est pas le contraire de la Nature authentiquement révélée, mais bien son meilleur allié.

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