mardi 8 février 2011

Bitchy Lips et Deep Throat (suite)


...François Fillon fait semblant de ne rien voir des mouvements de bras parkinsoniens de Michèle Alliot-Marie, à 10h02 AM Andrius Kubilius a tenté de mimer un ollie flip dans les couloirs de l'Union Européenne sous le regard écoeuré de sa fille de 15 ans, le 06/02/2011 à 3h45 AM José Socrates pris d'insomnie alluma la télévision et regarda avec plaisir une rediffusion de Daktari et eut soudain une pensée qu'il jugea immédiatement immorale au sujet de Carl Bildt, pensée qu'il dut à l'insistance de Fredrick Reinfeldt à lui raconter les errements du système de santé Suédois, Xavier Bertrand n'écoute pas son homologue Danois qui s'en aperçoit à 5:09:34 PM et glisse une insulte au passage, Christian Estrosi mange des chips de manière grossière à l'oreille de Roselyne Bachelot et rit très fort en propulsant des miettes de chips dans l'espace au moment où François Baroin fit une blague à propos du système de santé Français, Basescu glisse à nouveau sur une plaque de verglas et se casse le coude, Mark Rutte déjeune d'une choucroute de la mer en compagnie de Gerolf Annemans, Mari Kiviniemi est l'objet de quolibets sexistes de la part de Andrus Ansip et de Vladis Dombrovskis sous le regard indigné de Michel Barnier et de Iveta Radicova, le 11/01/2011 à 09:08 PM Werner Faymann reçoit sur la tête la balle de golf de...

lundi 7 février 2011

Ritournelle


L'expression "chiffe-molle" tournait dans la tête d'Ulrich comme un mantra stupide, lancinant et poisseux. Ses axones en étaient souillés ; ça faisait un ronron, tel un tube de François Feldman que le psychisme ne peut combattre.

"chiffe-molle, chiffe-molle, chiffe-molle..."

ça le suivait depuis le matin. A la boulangerie, déjà, quand il s'était fait doubler par une vieille bique perruquée. Puis au bureau, quand Damien, le chargé de relations publiques lui avait fait comprendre que la communication du Transit n'était plus son affaire, mais bien celle du pôle de communication. "Chiffe-molle, chiffe-molle..."

"Qu'ai-je fait, mon dieu, se lamentait Ulrich, errant dans les couloirs sordides du Transit (les locaux administratifs du Transit, à l'instar de nombreux équipements culturels du Pays, ressemblaient à ceux d'une entreprise de placoplatres ou de robinetterie. On y ressentait fortement l'angoisse des rapports hiérarchiques subis, des humiliations invisibles, de l'incorporation des rites d'hypocrisie managériale).

"Qu'ai-je fait pour mériter ça ?"

Sur le plateau de la salle Gilbert Lafaille où sa dérive hypnotique l'avait conduit, des enfants répétaient une pièce de Marc Lévy dans laquelle il était question de bonheur et de filiation. Il resta figé devant une ronde magnifique de petites filles et de petits garçons entourés de guirlandes lumineuses. Ceux-ci s'arrêtèrent ; et dans un silence gênant où chiffe molle résonnait de plus belle, regardèrent Ulrich qui pleurait.

dimanche 6 février 2011

Futur intérieur


L'hélicoptère monstrueux volait au dessus de la ville.
A l'intérieur, la musique était très forte. Du Dirty South, un truc genre Young Buck.
Une assistante parlementaire se trémoussait dans sa jupe bleu-marine. Elle mimait les biatches de MTV, l'air entendu que c'était pour rire. Le Détaché-Bourgmestre aimait bien ça, ça lui faisait une tache humide au pantalon.
La Secrétaire Générale à la Sécurité Intérieure était au fond de l'appareil, entourée de ses gardes du corps, en compagnie de journalistes, de chefs d'entreprises et de nombreux assistants rivés à leurs écrans d'ordinateurs. L'écrivain qui l'accompagnait dans tous ses déplacements afin d'écrire la légende de la Secrétaire Générale à la Sécurité Intérieure, regardait par la fenêtre de l'hélicoptère la foule immense, mouvante, étrangement calme, résignée et digne. Les débordements tant espérés n'eurent pas lieu, en dépit des infiltrés du Service Secret qui n'ont eu de cesse de piller, casser, frapper, afin de discréditer la rébellion.
L'écrivain était ému. Mais la culpabilité lui donnait la nausée. Au moment où le soulèvement qu'il avait tant espéré se déployait sous ses yeux, il était aux côtés de la Secrétaire Générale qui buvait du Ruinart, à fuir avec les rats.
L'hélicoptère militaire allait quitter le territoire. L'écrivain eut juste le temps de voir les chasseurs Rafale déverser les bombes au sarin sur la ville de son enfance.